Imaginez, après une vie entière de travail, voir votre seul patrimoine partir à vau-l’eau… littéralement. L’histoire de Selim, octogénaire de Saint-Ouen, n’est pas qu’une anecdote de quartiers, mais le signal d’alarme d’un système qui laisse parfois les propriétaires totalement démunis face au fléau du squat. Attachez vos ceintures (et surveillez vos robinets), car ce récit secoue !
Quatre ans d’enfer : quand l’investissement vire au cauchemar
Selim, ancien commerçant franco-turc, n’a jamais compté ses heures. Après avoir géré un café pendant des années, il rachète en 1977 les murs de son commerce, un immeuble de 180 m², espérant ainsi s’assurer une retraite digne. « Cet immeuble, c’est le fruit de mon travail », confie-t-il — et avec une retraite plafonnée à 400 euros par mois, chaque brique compte.
Mais en 2018, tout bascule. Son immeuble devient soudain la cible d’un groupe de squatteurs. S’ensuivent alors quatre longues années d’une bataille épuisante pour récupérer ses biens et, surtout, sa tranquillité d’esprit. Le commerce, censé garantir ses vieux jours, a tourné à la source de tous ses tourments.
Des dégâts matériels… et humains
Lorsque les squatteurs quittent enfin les lieux à l’été 2022, Daniel, le fils de Selim, découvre le carnage. Selon lui, l’immeuble est à peine reconnaissable :
- Matelas éventrés jonchent le sol
- Des cadavres de bouteilles tapissent chaque recoin
- Des montagnes de déchets s’accumulent, masquant l’âme du lieu
Mais le pire est invisible au premier regard : pour se venger, raconte Daniel, les squatteurs auraient laissé les robinets ouverts en continu. Résultat ? Inondation généralisée, dégâts considérables au bâtiment… et une cave transformée en marécage stagnant, avec 20 cm d’eau infestée de rats. Même les techniciens de Veolia, pourtant rompus à l’exercice, refusent d’y mettre les pieds !
La facture qui fait déborder le vase
A priori, ce genre de péripétie aurait pu s’arrêter là, s’il n’y avait pas eu le coup de massue final. Selim, déjà à bout, reçoit une note salée : près de 100 000 euros réclamés par Veolia. Une somme jugée totalement inédite par son avocat, Maître Xavier Bouillot : « Une somme pareille, je n’avais encore jamais vu ça de ma carrière ».
Et, petite cerise sur le gâteau moisie : l’assureur Axa refuse de prendre en charge les dégâts, expliquant que les dommages liés aux squats ne sont tout simplement pas couverts. Difficile, dans ce contexte, de garder le moral – ni de retrouver confiance dans le système !
Pieds et poings liés face à la législation
Pourtant, Selim n’a pas manqué de signaler l’intrusion à Veolia dès 2018, suppliant même qu’on coupe l’eau pour décourager les squatteurs. Réponse : impossible. La loi française interdit aux fournisseurs de restreindre l’accès à l’eau d’une « résidence principale », même occupée illégalement. Un propriétaire qui tenterait de le faire encourt jusqu’à trois ans de prison et 30 000 euros d’amende. Autant dire que, dans l’épreuve, Selim s’est retrouvé bien seul…
« Ce n’est pas un choc, c’est un tremblement de terre », confie-t-il aujourd’hui, accablé par une dette qu’il n’a pas provoquée, ni même pu éviter. Son drame met en lumière les limites actuelles des lois censées protéger propriétaires et locataires.
Cette histoire poignante ne se réduit pas à un banal souci immobilier. C’est la vie de Selim, construite avec persévérance, qui vacille sous les coups du destin et les méandres de la bureaucratie. Les cicatrices sont profondes – financières, évidemment, mais aussi émotionnelles, tant il est difficile d’oublier une telle épreuve.
Le drame de cet octogénaire invite à questionner l’équilibre entre droit au logement et sécurité des biens. Il est peut-être temps d’ouvrir le débat, car, qu’on soit propriétaire ou locataire, nul n’est à l’abri d’un tel séisme.













