Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur les capitales d’Asie centrale : Tashkent, la discrète, réserve à qui ose s’y aventurer la plus fascinante leçon de modernisme urbain. Entre icônes soviétiques et audace brutaliste, voici pourquoi la capitale ouzbèke, encore méconnue, fait chavirer le cœur des amateurs d’architecture. Prêts pour un plongeon visuel au milieu des dômes futuristes et des marchés mythiques ? Accrochez vos appareils photo (instagrammables à souhait) et suivez le guide !
Des vestiges soviétiques à l’âme moderniste inimitable
Tashkent n’est pas seulement une ville née il y a plus de 2000 ans, elle incarne le modernisme à la perfection, comme l’explique magnifiquement le livre Tashkent, A modernist capital paru chez Rizzoli. Jadis, son visage était forgé par un patrimoine ancien, mais le séisme de 1966 a bouleversé la donne, balayant l’essentiel de l’héritage traditionnel. Tel un phénix en béton, Tashkent s’est reconstruite dans la pierre, le verre, le métal — sous les crayons des architectes soviétiques en quête de nouveauté.
Aujourd’hui, la ville étonne par la puissance de ses constructions massives, peu connues à l’échelle internationale mais fondamentales dans le mouvement moderniste. Ces témoins de l’ère soviétique, conçus après-guerre lors de la campagne intense de modernisation de l’URSS, sont devenus hautement photogéniques à l’heure des réseaux sociaux. On avoue, même les plus blasés restent bouche bée devant tant de splendeurs brutalistes.
Des symboles architecturaux ancrés dans la mémoire collective
Tashkent et ses habitants n’imagineraient plus leur ville sans certains repères devenus indissociables de l’identité locale. Comme le rappelle la politicienne ouzbèke Saida Mirziyoyeva dans la préface du livre, quelques exemples marquants s’imposent :
- Le dôme orné du marché de Chorsu, véritable joyau et scène de vie urbaine
- L’imposant écran solaire de l’Hotel Uzbekistan, icône inclassable et fière comme un paon
- La silhouette ronde inimitable du Panoramic Cinema, à la croisée du rêve et du collectif
Ces éléments architecturaux ne se contentent pas de dominer le paysage : ils se sont installés, durablement, dans la mémoire collective, forgent une identité singulière — l’ADN même de Tashkent, viscéralement moderniste malgré toutes les évolutions architecturales post-URSS. Loin des clichés figés, la ville s’est adaptée à sa culture, à son climat, à ses nouveaux enjeux, sans tourner le dos à la modernité façon béton soviétique.
L’architecture soviétique, sujet de fascination… et d’interrogation
Récemment, l’architecture soviétique suscite un regain d’intérêt teinté d’ambiguïté. Car que révèle au juste cette modernité alternative ? Chris Dercon, historien de l’art belge, pose la question dans la préface de l’ouvrage : l’aura architecturale de Tashkent rime forcément avec la période soviétique, qui portait autrefois l’espoir d’une modernité différente, possible et désirable.
Malgré la chute de l’URSS, l’expression architecturale forte de la capitale ouzbèke traduit encore aujourd’hui ces dynamiques ambitieuses d’une construction à la fois rapide et massive. La recette ? Un habile mélange du style moderniste international, auquel s’ajoutent des réinterprétations de l’architecture islamique locale. Résultat : Tashkent se mue en un musée à ciel ouvert, aimant irrésistible pour quiconque aime l’architecture — ou simplement la beauté du contraste.
Un tournant pour la sauvegarde du patrimoine moderniste
La publication du livre Tashkent, A modernist capital n’est pas anodine : elle marque un changement d’ère dans la volonté de préserver l’héritage moderniste de la ville. Cette mission, menée principalement par la Fondation pour le Développement de l’Art et de la Culture en Ouzbékistan, vise à faire découvrir Tashkent au-delà de ses frontières pour assurer la protection de ce patrimoine unique. Un défi de taille quand on sait que, malgré une densité de population très élevée (la plus importante du continent!), l’Asie centrale reste largement ignorée hors de ses frontières.
Les clichés hypnotiques du photographe français Karel Balas et les textes immersifs de l’autrice Béatrice Grenier plongent le lecteur dans un modernisme singulier, à connaître de toute urgence pour comprendre l’identité contemporaine de Tashkent.
Conseil d’ami pour conclure ? Si votre curiosité architecturale ne connaît pas de frontières, Tashkent vous tend les bras : préparez-vous à être surpris, le modernisme n’a jamais eu aussi fière allure qu’au cœur de l’Ouzbékistan !













