Mirapolis : le parc oublié va-t-il renaître de ses cendres ? Le projet d’écovillage relance le rêve

Mirapolis : du parc oublié à la résurrection verte ? Un rêve français en perpétuelle mutation

Un terrain mythique entre nostalgie et renouveau

Situé à Courdimanche, près de Cergy-Pontoise, le terrain de Mirapolis n’est pas qu’un espace vague de la banlieue parisienne. C’est là que tout a commencé, bien avant que le Parc Astérix ou Disneyland Paris n’ouvrent leurs portes. Premier parc à thème français, Mirapolis avait pour ambition de proposer un univers inspiré de la littérature nationale. Hélas, après seulement cinq saisons, le manège s’est arrêté, laissant place à un vaste terrain en friche et aux regrets d’une génération.

Pourtant, depuis trente ans, ce site a vu défiler maints projets censés écrire une nouvelle page de son histoire… sans jamais dépasser le stade du rêve. Le dernier en date ? Un village touristique écologique, abandonné piteusement en 2019 par manque de financements. Mais voilà que le nom de Mirapolis refait surface via un ambitieux projet d’écovillage. Suspense !

Le projet d’écovillage : résurgence ou nouveau mirage ?

En décembre dernier, le permis de construire dudit écovillage a été déposé. S’appuyant sur la base du village initial de 2016, le projet change un peu de cap : il ne s’agira plus d’un simple espace de loisirs touristiques, mais d’un véritable quartier, taillé à la mesure des Courdimanchois. 

  • Le projet, qui occupera une vingtaine d’hectares (sur les 50 disponibles), promet un savant équilibre entre espaces de loisirs, de commerces, et surtout de nombreux logements.
  • Neuf résidences offriront quelque 350 places en coliving.
  • À cela s’ajouteront 500 hébergements hôteliers et 150 cottages indépendants.

L’idée ? Accueillir résidents et visiteurs dans un environnement mêlant joyeusement loisir et travail : coworking, lieux de restauration, commerces, tiers-lieu, espace fitness, terrains de padel et de tennis… Rien n’est laissé au hasard, si ce n’est peut-être la météo (les souvenirs de l’été à 15 degrés sont encore là).

Héritage ou recyclage ?

Certes, l’écovillage n’a rien d’un parc à thème comme Mirapolis. Pourtant, il en reprend certains codes. Les chemins, les dénivelés et les zones bâties respecteront les tracés d’origine. Comme le dit Sophie Matharan, maire de Courdimanche : « Il n’y aura pas de nouvelle artificialisation des sols, les bâtiments seront construits à des endroits où il y avait déjà quelque chose. Les cheminements prévus étaient aussi préexistants même si parfois la nature a repris ses droits. »

Ce choix ne vise pas à flatter la nostalgie des amateurs de Gargantua & co., mais à répondre aux exigences écologiques du XXIe siècle. Après plusieurs décennies d’abandon, le terrain est devenu un espace naturel, nécessitant donc une étude environnementale préalable avant tout démarrage. Premier obstacle (de taille), mais, si on connaît l’histoire du site, on sait que rien n’est jamais gagné d’avance !

Mirapolis : du rêve aux vestiges

Avec son nom qui flotte dans nos esprits comme la célèbre statue Gargantua guettant l’autoroute (avant d’être dynamitée en 1995…) Mirapolis n’a jamais cessé de nourrir l’imaginaire collectif. Son destin, lui, oscille entre la machine à rêves déchue et le symbole d’ambitions mal maîtrisées. Entre les promesses de fréquentation pharaonique, les technologies d’avant-garde et les imprévus dignes d’un vaudeville, Mirapolis était un projet trop grand, ou trop tôt, pour son époque : moins de 600 000 visiteurs la première saison contre les 2 millions attendus, peu aidé par des accès complexes et une météo… capricieuse.

Après sa fermeture en 1991, le terrain devient tour à tour terrain d’entraînement pour l’armée, la police, les pompiers, puis sanctuaire d’urbexeurs ou objet d’associations défendant sa mémoire. Malgré les rachats et projets successifs, rien n’a jamais véritablement fait renaître Mirapolis. Il n’en reste aujourd’hui que quelques vestiges et une page d’histoire, souvent balayée par les vents du Val-d’Oise… et ceux de la démolition.

Le conseil du jour : Si la nostalgie vous tenaille ou que l’envie d’exploration vous prend, attendez que l’écovillage sorte vraiment de terre ! D’ici là, Mirapolis demeure le plus célèbre des parcs oubliés, mais, qui sait, peut-être que ses chemins anciens accueilleront bientôt de nouveaux rêveurs — version coliving et padel cette fois-ci !

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