Fabrice Luchini vend sa maison sur l’île de Ré : « On va crever, c’est presque sûr », l’acteur craint la disparition de l’île à cause du climat

Fabrice Luchini, célèbre pour son verbe haut et son amour du théâtre, vient de prendre une décision radicale : vendre sa maison sur l’île de Ré. Non pas sur un coup de tête ou parce qu’il s’ennuyait des plages de l’Atlantique, mais bien sous la pression d’une angoisse croissante liée au réchauffement climatique. L’acteur, toujours adepte de la formule choc, l’affirme sans détour : « On va crever, c’est presque sûr ! ».

L’île de Ré, victime collatérale du climat ?

Fabrice Luchini n’a jamais fait dans la langue de bois, et sa dernière sortie sur le plateau de l’émission C à Vous, le 15 septembre 2024, en témoigne encore une fois. L’acteur s’y livre sur une vente immobilière qui en dit long sur ses peurs du moment : adieu la douceur de vivre de l’île de Ré, bonjour les inquiétudes pour l’avenir.

Selon Le Figaro, l’acteur a vendu sa maison de vacances sur l’île, convaincu par un argument choc : « Le mec m’a dit que dans douze ans, il n’y aura plus d’île de Ré. » Et de poursuivre, lucide jusqu’à la tragédie :

  • « L’écologie ce n’est pas rien.»
  • « On va crever, c’est presque sûr. »
  • « Il n’y aura plus La Rochelle dans une quinzaine d’années. »
  • « J’ai senti qu’il fallait s’arracher. »
  • « Dans douze, quinze ans, il n’y aura plus d’île de Ré, plus de Noirmoutier, il n’y aura plus rien ! »

Vous l’aurez compris, Fabrice Luchini ne prend pas l’avenir de ces joyaux de la côte à la légère. Il est persuadé que la montée des eaux va engloutir plages, dunes et souvenirs. « C’était les dernières vacances, donc », résume-t-il, plus stoïque que résigné.

Un acteur angoissé… et prévoyant

Ce tempérament anxieux, Fabrice Luchini ne s’en cache pas. Déjà en 1999, dans l’émission Up and Down, il se décrivait comme quelqu’un de « plutôt anxieux » : « Quand je ne travaille pas, je suis flippé », confiait-il alors.

Né dans le IXe arrondissement de Paris et ayant grandi du côté de la Goutte-d’Or, il habite désormais le XVIIIe, sans jamais vraiment s’éloigner de ses repères parisiens. Outre son désormais ancien pied-à-terre maritime, il garde heureusement une maison de campagne dans le Loir-et-Cher – une sorte de refuge salutaire pour échapper au tumulte de la Capitale et, visiblement, à la montée des océans. L’acteur n’a pas totalement cédé au catastrophisme : il qualifie ce havre de paix de « lieu où il vient se ressourcer, loin du tumulte parisien », le temps des vacances ou d’un week-end.

Sur les réseaux sociaux, il partage même ses adresses favorites dans la région, saluant notamment la table Arras à Blois comme étant « somptueuse ». Parfois, il avoue avoir envie de « disparaître dans sa maison de campagne de la vallée de la Cisse, entre Blois et Orléans ». Quant au cercle rapproché qui profite de cette retraite champêtre, il s’est déjà agrandi jusqu’à accueillir François Hollande, l’ancien président, lors d’un passage remarqué : « Il y avait des flics et des sentinelles partout autour de chez moi. Tu diras au village que c’était pour un contrôle routier ! »

L’île de Ré réagit : des travaux mais pas de miracles

Doit-on céder à la panique ? Là encore, l’avenir de l’île de Ré n’est pas scellé dans le béton. Après les tempêtes de novembre, un vaste plan d’action y a débuté : l’État a donné son feu vert à des travaux de sécurisation, comme l’expliquent Céline Serrano et Jean Colonna pour France 3 Régions.

Lionel Quillet, président de la Communauté des Communes, martèle une philosophie toute insulaire : « On est dans une protection résiliente, on ne protègera pas tout, c’est simplement quand il y a un risque pour les personnes. On est parfaitement dans l’esprit de l’île de Ré. 80% de territoire inconstructible, 100% de protection. »

Pour 2024, trois sites sont concernés :

  • À Saint-Clément-des-Baleines, le chemin littoral sera remis en état.
  • À La Couarde-sur-Mer, secteur Moulin-Brûlé, deux épis seront créés pour retenir les sédiments et lutter contre l’érosion.
  • Aux Portes-en-Ré, le blockhaus de « La Redoute » sera démantelé, car il menace de s’effondrer et d’arracher une portion de dune en cas de chute.

Difficile pour autant de prédire si toutes ces mesures résisteront à la houle du futur…

Fabrice Luchini : l’homme, l’acteur et ses retraites

Fabrice Luchini, ou plutôt Fabrice Éric Luchini pour les puristes, est né le 1er novembre 1951 à Paris. Très jeune, il se découvre une passion pour la comédie et fait ses premiers pas sur scène dans les années 1970. L’acteur, dont la carrière prend un tournant en 1975 avec le metteur en scène Jean-Luc Lagarce, accède à la notoriété en 1981 dans « La Dernière Femme » de Marco Ferreri. Il enchaîne ensuite les rôles, aussi bien au cinéma qu’au théâtre.

Les années 1990 assoient son statut d’acteur incontournable, notamment grâce à sa collaboration avec Éric Rohmer (« Le Genou de Claire », « La Discrète », « Les Âmes Grises » en 2005). Il n’abandonne jamais les planches, jouant par exemple dans « Les Liaisons Dangereuses ».

Actuellement, il est sur scène dans « Fabrice Luchini lit Victor Hugo » au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris, depuis janvier 2025. Et pour l’anecdote, il a fait une apparition remarquée dans la série « L’Agence », à la recherche d’un bureau dans le XVIIIe arrondissement. Refusant poliment l’offre d’acheter aussi une ébénisterie (« Mais moi, je n’ai pas besoin d’une ébénisterie »), il provoqua, comme souvent, l’hilarité générale.

En somme ? Fabrice Luchini quitte l’île de Ré avec ses inquiétudes et son avant-gardisme, mais conserve l’humour et une bonne dose d’auto-dérision. Un acteur qui continue de virevolter entre spectacle, réflexion et goût du bon mot — espérons que la mer sache, elle aussi, garder sa distance.

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