« En Europe, rien n’a changé en 20 ans » : le choc de ce Français de retour de Chine

Un retour au bercail qui fait l’effet d’une douche froide : pour Adrián Díaz, entrepreneur expatrié en Chine, poser le pied en Europe après des années d’aventure asiatique relève moins du cocon chaleureux que d’une plongée dans le formol. Quand, au bout de quinze jours, il rêve déjà de repartir, son récit résonne, grinçant, chez tous ceux qui ont vécu un long exil volontaire.

Quand l’ailleurs façonne le regard sur « chez soi »

Beaucoup en témoignent : le départ à l’étranger est une épreuve, certes, mais le retour réserve lui aussi son lot de secousses. On glorifie volontiers le récit de ceux qui vont tenter leur chance sous d’autres latitudes : adaptation douloureuse, découvertes qui bousculent, déracinement parfois. Pourtant, on parle moins souvent du vertige qui saisit à la redécouverte de son propre pays après une immersion dans des sociétés très différentes.

En Asie – la Chine, la Corée du Sud, le Japon –, la vie s’organise autour de règles strictes : discipline collective, service impeccable, rapidité d’exécution… Après une telle immersion, on ne rentre pas indemne. Les réflexes et l’état d’esprit enregistrent durablement la différence. Jusqu’à être, pour certains, véritablement « programmé » à l’efficacité !

Retour en Europe : le grand choc des pesanteurs

La surprise, à l’arrivée, ne se résume pas au décalage horaire. Beaucoup d’expatriés évoquent la même litanie : l’administration européenne, perçue comme lourde et peu réactive ; le service client, jugé moins efficace ; un environnement professionnel où la lenteur du rythme contraste durement avec l’énergie parfois quasi-maniaque de l’Asie digitalisée.

  • Transports souvent « à l’heure européenne » (on connaît la blague : c’est-à-dire pas toujours)
  • Restauration qui prend son temps
  • Banques et services médicaux bien moins tournés vers l’instinct du service rapide

À côté, la Chine donne l’impression d’un sprint perpétuel… dans lequel l’Europe aurait raté le starter depuis vingt ans.

Adrián Díaz, symptôme d’une lassitude : « Rien n’a changé en vingt ans ! »

Impossible de faire plus direct : « Je reste 15 jours et je veux repartir ». Le témoignage d’Adrián Díaz, jeune quinquagénaire espagnol et entrepreneur installé en Chine après avoir saisi des opportunités professionnelles, ne laisse planer aucun doute. Interrogé au micro du podcast ConPdePodcast (relayé par le média espagnol La Vanguardia), il raconte sa désillusion à chaque retour en Espagne.

Le constat, presque cruel, se répète à chaque visite dans ce café où il retrouve ses amis : « Les discussions sont les mêmes qu’il y a 20 ans ». Sujet de préoccupation principal ? La fameuse bulle immobilière, ce Graal inaccessible pour les jeunes générations. Pourtant, de l’autre côté du globe, la musique est tout autre.

Le contraste est tel qu’il donne l’impression d’avoir voyagé… dans le temps. Si la Chine n’est évidemment pas exempte de défis (notamment la menace incertaine d’une crise immobilière), elle continue d’afficher une croissance affirmée : 4% (voire 5% en 2024), comparée aux 3,2% enregistrés par l’Espagne l’année précédente. Ce dynamisme, Adrián Díaz le souligne, mais sans tomber dans le cliché béat. Tout n’est pas parfait en Chine : les règles économiques y sont parfois peu respectées – « Là-bas, tout le monde paie au noir. Le gouvernement chinois le sait parfaitement, mais il leur laisse carte blanche, car cela ruinerait des secteurs entiers ».

Europe : une bulle immobile ?

Derrière cette critique, c’est une certaine forme d’immobilisme que pointe l’entrepreneur. Pour lui, l’Europe semble s’être figée dans ses propres normes, perdant le goût du risque et de l’audace économique. Dans bien des secteurs, le retard semble inexorable face à une Asie qui digitalise, qui innove, qui ose contourner, parfois jusqu’aux limites de la légalité… pendant que « chez nous », on en débat encore autour d’un café.

  • Moins de réactivité dans nos services
  • Gestion plus lourde, administrative
  • Des préoccupations qui n’ont pas évolué depuis des décennies

À méditer : si revenir chez soi, c’est retrouver les débats d’hier, peut-être qu’un aller simple vers demain (ou vers l’ailleurs) demeure la meilleure école du changement… ou au moins, un bon sujet de conversation à table.

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