Gel des pensions Agirc-Arrco : près de 14 millions de retraités privés d’augmentation, la colère monte

Gel des pensions Agirc-Arrco : près de 14 millions de retraités privés d’augmentation, la colère monte

Un automne glacial pour la retraite complémentaire

Octobre, c’est le mois où les arbres perdent leurs feuilles et, cette année, où 14 millions de retraités du privé perdent aussi leurs espoirs d’un petit coup de pouce sur leur pension complémentaire Agirc-Arrco. Réuni le 17 octobre, le conseil d’administration a dû mettre son thermomètre au congélateur : impossible de se mettre d’accord sur une revalorisation. Ambiance fraîche. Le patronat, quant à lui, a pratiqué la politique du « non mais vraiment, pas question ».

Des règles d’or, mais un patronat d’argent ?

Comme chaque mois d’octobre, ce conseil d’administration devait discuter de l’augmentation des retraites complémentaires. Une revalorisation indexée sur l’inflation, à laquelle il faut retirer un correctif prudentiel de 0,4 point. C’est le grand classique : équilibre et gestion de bon père (ou mère) de famille obligent, il faut aussi garantir qu’il y aura encore des sous dans quinze ans, ce que l’on surveille à travers une réserve minimale correspondant à six mois de prestations.

Bonne nouvelle normalement : selon les chiffres présentés lors de ce fameux conseil, l’Agirc-Arrco nage dans une santé financière insolente. Un résultat positif de 4,6 milliards d’euros attendus pour 2024 et des réserves équivalentes à 10 mois et demi de prestations, soit 86,5 milliards d’euros. On est très au-dessus des six mois réglementaires. Ce matelas confortable devrait, sur le papier, permettre d’envisager l’avenir – et aussi de desserrer un peu les cordons pour les retraités, non ?

  • Résultat positif en 2024 : 4,6 milliards d’euros
  • Réserves actuelles : 86,5 milliards d’euros (10,5 mois de prestations)
  • Seuil réglementaire : 6 mois

Des augmentations possibles (et rationnelles), mais le mur du refus

Avec tout cela, les projections financières montraient qu’une revalorisation de 0,6% aurait été une promenade de santé, tout à fait soutenable. Concrètement, même avec une telle augmentation, l’équilibre du régime était assuré pour les quinze prochaines années, et les réserves pouvaient continuer à grossir. Mais du côté du patronat, on a joué la carte ultra-prudente, voire conservatrice : la seule hausse envisagée était de… 0,2%. Pour la CFDT, c’est simple, une revalorisation en-dessous de 0,6% était difficilement défendable, et la proposition patronale, totalement déconnectée des possibilités réelles du régime, relevait, pour rester polis, de l’injustifiable.

Résultat ? Le dialogue de sourds s’est transformé en statu quo glacial. Le blocage patronal, sa détermination à imposer une sous-indexation excessive, a mené à l’absence de toute décision lors de ce conseil. Traduction très concrète : aucune augmentation n’a été votée. Ainsi, les pensions complémentaires Agirc-Arrco resteront figées, et ce sont près de 14 millions de retraités qui trinquent.

Conséquences, colère et questions pour la suite

Ce gel des pensions interroge à plus d’un titre. Il arrive justement au moment où la gestion des retraites pourrait accorder davantage de responsabilités aux partenaires sociaux. Or, avec ce nouvel épisode d’immobilisme (le second prévu pour 2025), le patronat fournit une démonstration éclatante de son incapacité actuelle à faire avancer les dossiers dans l’intérêt des retraités. Pour une institution censée ajuster son système aux réalités économiques sans céder à la panique ou à l’indifférence, la pilule a du mal à passer.

L’absence d’augmentation pour les retraités de l’Agirc-Arrco est d’autant plus mal vécue que la santé financière de la caisse ne soulève aucune alerte rouge à l’horizon. La dynamique aurait pu être positive, la solidarité plus tangible… mais l’envie n’y était visiblement pas du côté du patronat. De quoi attiser la colère et l’incompréhension chez les retraités et ceux qui les soutiennent.

Pour finir, un conseil : pour garder le moral, surveillez l’évolution du dossier, mobilisez-vous si besoin et conservez précieusement tous les petits plaisirs du quotidien qui, eux, ne sont pas (encore) « gelés ».

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