Les premières images de The Line dévoilent l’ampleur du chantier, mais le projet phare de l’Arabie saoudite est-il déjà en train de changer de dimension ?

Les premières images du colossal chantier de The Line viennent d’être publiées, dévoilant l’ampleur (et le béton !) d’un projet qui fait autant rêver que débattre. Mais cette ville futuriste, pierre angulaire de la « Saudi Vision 2030 », serait-elle déjà en train de changer de dimension – littéralement ? Plongeons sans casque (virtuel) au cœur de cette ambition saoudienne où chaque kilotonne de béton côtoie des sommets d’architecture… et d’interrogations.

The Line : Entre béton, ambitions et imprévus

  • En chantier depuis 2017, The Line est la vitrine urbaine du programme NEOM, qui veut diversifier l’économie saoudienne au-delà du pétrole.
  • Porté par le Public Investment Fund (le fonds souverain du pays), ce projet devait coûter la coquette somme de 1 500 milliards de dollars – rien que ça.
  • Malgré des travaux bien avancés, le calendrier est déjà égratigné par les retards et les imprévus, notamment des questions de financement.
  • Les récentes photos aériennes, partagées par Giles Pendleton (directeur des opérations de THE LINE), révèlent une longue tranchée consacrée à la bétonisation, l’installation de canalisations, une armée d’engins colossaux (grues, camions, bateaux), sans oublier un village entier pour les travailleurs, le long du golfe d’Aqaba.

Du rêve XXL à la vraie vie… de 2,4 km

  • La promesse initiale était de taille : 150 km de long, 200 m de large, 500 m de haut (oui, plus haut que l’Empire State Building !).
  • The Line, c’est aussi un projet conçu par Morphosis Architects (agence américaine fondée par Thom Mayne, lauréat du prix Pritzker), mobilisant les meilleurs consultants internationaux.
  • Panne d’ambition ? Pas officiellement, mais en coulisses, un réajustement majeur s’opère. Après un roadshow en Chine pour séduire des investisseurs, la taille du projet a été drastiquement revue à la baisse – même si le gouvernement s’en défend !
  • Seul un tronçon de 2,4 km devrait sortir de terre d’ici 2030 (loin des 150 km rêvés), accueillant moins de 300 000 habitants à cette date contre les 1,5 million initialement annoncés.

À noter : NEOM a tout de même obtenu une facilité de crédit renouvelable de 2,67 milliards de dollars auprès d’un consortium de prêteurs. De quoi voir venir… ou au moins continuer à couler du béton !

Concepts architecturaux fous (et critiques en bande-son)

  • Le projet s’étend dans la province de Tabuk ; il traverse montagnes, longe la mer Rouge et promet de former une aérotropole dans le désert, uniquement alimentée par des énergies renouvelables.
  • Un train à grande vitesse promettait un bout-en-bout en 20 minutes – peut-être faudra-t-il des rails volantes pour la version 2.0 !
  • Port de plaisance, microclimat calibré, fermes verticales, absence de voitures, espaces publics luxueux, stade, hôtels, commerces, tout y est… du moins sur le papier.
  • Sa façade en miroirs, censée se fondre dans le paysage, inquiète pourtant les écologistes, qui redoutent un impact sur la migration aviaire (effet boule de miroir déconseillé aux oiseaux désorientés).
  • En complément à The Line, le projet NEOM multiplie les folies, comme Epicon (deux gratte-ciels-mirage de 225 et 275 m), ou Trojena, futur spot de ski et de lac d’eau douce à 50 km de la côte – avec, évidemment, une réserve naturelle « interactive » !
  • Le port d’Oxagon, dessiné par le bureau danois BIG, monte lui aussi en puissance, avec de massifs travaux en cours.

Feu vert… ou feu orange pour The Line ?

« Les objectifs restent inchangés », martèlent les responsables. En vérité, la dimension du projet évolue selon vents, budgets, crédits et caprices du calendrier. Les images aériennes permettent enfin de juger du concret : on y distingue la naissance laborieuse d’un chantier unique, entre innovation et gigantisme.

The Line demeure, à l’aube de 2030, l’une des entreprises urbaines les plus complexes et les plus spectaculaires du Moyen-Orient, mais aussi la plus scrutée – pour ses ambitions, ses défis techniques, son empreinte écologique et ses promesses quasi-science-fictionnelles. Morale de l’histoire ? Quand on vise la Lune, il est fréquent d’atterrir… sur une ligne. Mais quelle ligne !

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