Herbert Léonard, voix d’or de la chanson française, s’est éteint à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui non seulement des tubes immortels, mais aussi un amour hors du commun et une dernière leçon de vie, offerte du fond de sa belle demeure de Barbizon…
Les derniers jours d’un crooner entouré des siens
Herbert Léonard, figure incontournable de la chanson française, a rendu son dernier souffle le dimanche 2 mars 2025. Ironie du calendrier, il s’est éteint seulement quelques jours après avoir fêté ses 80 ans, le 25 février. Victime d’un cancer du poumon, il a vécu ses ultimes instants dans sa somptueuse maison, en Seine-et-Marne, entouré des plus précieux : Cléo, sa femme et complice de toujours, et leur fille unique Éléa, elle-même maman de trois enfants. L’image est forte, presque cinématographique : celle d’un homme qui part entouré par l’amour tangible de sa famille dans le calme d’un écrin de verdure, loin des projecteurs mais pas de l’affection des siens.
Une histoire d’amour digne des plus grands films
Si la vie d’Herbert Léonard s’est écrite en chansons, son histoire d’amour avec Cléo mérite elle aussi les honneurs d’un refrain tendre et entêtant. Ils se rencontrent en octobre 1967 à Lyon, lui a 23 ans, elle 22. Cléo, alors membre du duo « Cédric & Cléo », lui, futur interprète du désormais mythique « Pour le plaisir ». Un coup de foudre sur scène – et une parenthèse qui ne s’est jamais refermée. D’après ses propres mots lors d’une interview en 2013 :
- Leur rencontre a lieu sur scène, à Lyon, le 19 octobre 1967.
- Initialement, chacun s’imagine continuer sa route seul.
- Mais en mai 1968, faute de train, Cléo reste chez lui un soir… et pour la vie !
Presque 60 ans plus tard, l’amour tient toujours bon la rampe. En 2004, après 37 ans de vie commune et l’arrivée d’Éléa en 1973, ils finissent par officialiser ce lien par le mariage.
Barbizon : petit paradis d’artistes, havre de paix
Depuis plus de 35 ans, le couple coule des jours heureux à Barbizon, village emblématique de Seine-et-Marne, surnommé « le village des peintres ». À quelques pas de la majestueuse forêt de Fontainebleau, ce lieu a accueilli bien des artistes depuis 1830, de Renoir à Monet. Ce n’est donc pas un hasard si le chanteur, passionné aussi d’aviation et d’écriture, avait choisi ce village réputé pour son atmosphère inspirante et apaisée. Récemment, Herbert Léonard partageait encore des images de la véranda de sa maison, dévoilant un jardin éclatant et une superbe piscine, symbole d’une douceur de vivre à la française – là-même où il aura savouré ses derniers instants en paix. Écrire, dessiner, se balader en forêt avec sa chienne : voilà les petits riens chers à celui qui, derrière la star, ne demandait souvent rien de plus que la chaleur du foyer.
Des combats pour la vie, une chanson à transmettre
La vie d’Herbert Léonard ces dernières années n’a pas été un long fleuve tranquille. Dès 2017, un grave souci de santé le cloue 32 jours dans le coma à cause d’une infection pulmonaire. À son réveil, il confiera à quel point Cléo n’a jamais déserté son chevet, et se réclamer « miraculé », tout en lançant un message fort : après 45 ans de tabagisme, il incitait chacun à renoncer à la cigarette. Sa santé fragile ne l’a pourtant pas rendu moins actif. Même en mai 2023, après un nouveau passage en réanimation à Fontainebleau (suite à un concert en Belgique), Cléo rassurait ses admirateurs : « Herbert va mieux – doucement – mais mieux. Une pneumonie + une pleurésie infectée… Ce n’est pas anodin, mais on s’en remet. Lui s’en sort aussi. » Toujours tourné vers le public et la scène, il avait prévu d’être à un gala en Alsace, sa région natale, le 22 février 2025. Il avait finalement annulé, évoquant « un petit souci de santé (rien de grave, je vous rassure) ». La vérité, on le sait désormais, était plus grave qu’il ne le laissait entendre.
Le 2 mars, Cléo a partagé un message poignant sur les réseaux sociaux, saluant une dernière fois l’homme, l’artiste et l’amoureux parti « loin de la maladie, de la vie quotidienne, loin de son public, loin des séances d’enregistrement, de ses promenades en forêt… Trop loin. » Elle ajoute, pleine de tendresse et de pudeur : « Ne l’oubliez pas tout de suite, si vous le pouvez, chantez-le avec votre cœur. Aimez-le encore un peu et pensons à lui de temps en temps ou souvent. Mais pensons à lui et au plaisir qu’il nous a procuré avec bonheur avec sa si belle voix. »
De Barbizon aux cœurs des Français, Herbert Léonard laisse un sillage d’amour, de poésie et, jusqu’au bout, une leçon d’humanité. Souvenons-nous de lui, chantons ses airs, et savourons chaque instant comme il savait si bien le faire. Finir sa vie entouré des siens, voilà peut-être son plus bel hommage.













